Collection Mémoires et thèses électroniques
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Monsieur Helvétius, c’est que l’homme, entraîné tout entier vers l’objet favori d’une aptitude innée, n’aperçoit que celui-là.

C’est que quand la nature l’aurait destiné à devenir grand homme dans une autre carrière, il n’aurait pas eu le temps de la suivre. Passez votre vie à nager, et vous ne serez plus qu’un médiocre coureur ; courez jusqu’à l’âge avancé, et vous nagerez mal.

Les hommes qui ont un génie sont rares ; combien plus rares encore ceux qui ont reçu un double génie ! Ce double présent est peut-être un malheur. Il peut arriver qu’on soit alternativement agité, ballotté par ses deux démons ; qu’on commence deux grandes tâches et qu’on n’en finisse aucune ; qu’on ne soit ni grand poète ni grand géomètre, précisément parce qu’on avait une égale aptitude à la géométrie et à la poésie. […]

Il faut dire à ces espèces de monstres : Optez.

--Denis Diderot, Réfutation d’Helvétius suivie par l’ouvrage intitulé L’homme (1774)

Notre thèse interroge la manière dont s’est construite cette portion de la monumentale Histoire naturelle, générale et particulière de Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788), que la critique a nommée l’Histoire des quadrupèdes. L’œuvre de celui qui est considéré comme le plus grand naturaliste entre Aristote et Darwin, perçue comme le point de rencontre du scientifique et du littéraire, comme le dernier état d’une République des Lettres menacée par l’éclatement de l’unité du savoir classique, convoque plusieurs approches théoriques qui vont de la rhétorique classique (inventio, dispositio) à l’esthétique (du génie), en passant par la poétique (ou rhétorique profonde) et la rhétorique scientifique (de la preuve) ; toutes permettent de dégager les éléments d’une méthode qui est fondée sur les notions d’ars inveniendi, d’ars iudicandi et de « discipline » de l’imagination, qui vont permettre à Buffon de revisiter la faune (principalement la nomenclature et l’iconographie), telle qu’elle avait été présentée depuis les écrits zoologiques de l’Antiquité et de la Renaissance, jusque dans les relations de voyage des XVIIe et XVIIIe siècles. L’étude se divise en deux parties, respectivement consacrées à la mise en place d’un appareil conceptuel, puis à l’analyse de la pratique du « Buffon lecteur » de ses prédécesseurs. Nous montrerons que, dans la fabrique des descriptions animalières de l’Histoire des quadrupèdes, l’ars inveniendi se réalise à l’intérieur d’un cadre délimité par l’ars iudicandi (c’est-à-dire l’épistémologie) : le génie scientifique constitue en quelque sorte le chef d’orchestre qui maintient l’harmonie entre l’art du jugement et l’art de l’invention, ce qui va permettre à Buffon d’imaginer de nouvelles hypothèses (éthologiques, taxinomiques ou biogéographiques) et de progresser sur le chemin menant à la découverte.

Que veuillent bien trouver ici le témoignage de ma reconnaissance tous ceux qui, maîtres et amis, ont aidé, encouragé, conseillé ou appuyé mes recherches buffoniennes :

Feu Roger Chamberland, pour m’avoir donné la chance de goûter à la profession d’enseignant ;

Mon directeur, Thierry Belleguic, pour avoir dirigé ma thèse après m’avoir proposé, sur un coin de table de la cafétéria du pavillon Desjardins, il y a près d’une décennie, la lecture de cet inconnu qui avait été le plus grand naturaliste entre Aristote et Darwin ; pour sa patience, sa confiance et son amitié inestimables toutes consolidées lors d’un légendaire « road trip » de quelque vingt heures entre Québec et London ;

Mon codirecteur, Benoît De Baere, sans l’appui duquel je n’aurais certainement jamais mené à terme ce projet ; pour sa rigueur bienveillante et le bonheur des bons repas « anti-cancers » en compagnie d’Adelheid et de Zeno ; pour tous ces matins en plein hiver québécois où nous nous supportions mutuellement à persévérer sur les bicyclettes stationnaires ;

Jeff Loveland, pour sa grande générosité ressentie d’emblée lors d’une première rencontre à Los Angeles en 2003, et qui s’est confirmée lors de l’évaluation de cette thèse ;

Jean-Pierre Cléro, pour son affabilité, ses encouragements et son soutien lors de chacun de ses passages à Québec ; pour son inspirante rigueur intellectuelle qui me rappelle cette alliance entre le génie scientifique et le génie artistique chez certains êtres d’exception ;

Jean-Jacques Tatin-Gourier, pour l’évaluation de ma thèse, pour ses précieuses corrections et recommandations ;

Hans-Jürgen Greif, pour sa rigueur intellectuelle et son soutien indéfectible, depuis mon tout premier cours de littérature française au baccalauréat jusqu’à la présidence de ce jury de thèse, sans compter ses propos réconfortants lors de l’évaluation de mon mémoire de maîtrise ;

Jean-Noël Pontbriand, pour son rire contagieux et pour m’avoir fait connaître ce monde magique de la création poétique qui m’habite à chaque instant ;

Anne-Marie Fortier, ma directrice de mémoire de maîtrise, pour son dynamisme et ses encouragements, et pour m’avoir fait connaître ce texte magnifique que sont Les Cahiers de Malte Laurids Brigge ; aussi, « Que le jour te maintienne sur l’enclume de sa fureur blanche » (René Char) ;

Éric Van der Schueren, pour son support lorsque je faisais mes premières armes en tant qu’auxiliaire d’enseignement, de même que pour son amitié ;

Sabrina Vervacke, pour ses conseils précieux dans le cours de méthodologie, peut-être le plus sous-estimé de tous, mais dont dépend une grande partie de la suite des études supérieures ;

Tous les professeurs du département des littératures de l’Université Laval qui m’ont si bien accueilli et qui ont partagé avec enthousiasme leur savoir : Raymond Joly, Aurélien Boivin, Isabelle Daunais, Maurice Émond, François Dumont, Michel Pleau ;

Professeurs et collègues du CIERL, pour avoir assisté à la constitution d’un groupe formidable où rigueur et convivialité ont toujours cohabité harmonieusement : Marc-André Bernier, Lucie Desjardins, Daniel Dumouchel, Frédéric Charbonneau ; Annie Cloutier, Manon Plante, Mélinda Caron, Sarah Harvey, Esther Ouellet, Dany Roberge, Solange Lemaitre-Provost, Sébastien Bouchard ;

M. Grégoire Breault, professeur de français en 4e secondaire au Collège-Notre-Dame, sans qui je n’aurais peut-être jamais goûté aux plaisirs de la littérature ;

Mes collègues de sport, en particulier les « Marguilliers » du Club de golf Cap-Rouge, de même que les membres des ligues de ballon-sur-glace de la ville de Québec, en particulier l’équipe des « Requins », champions provinciaux en 2008 ;

Mes beaux-parents, Murielle et Claude, pour leur présence et leur bonne humeur ; mon beau-frère, Francis, pour son hospitalité lors de mes fréquentes incursions montréalaises ;

Mes tantes, Lucie Paradis et Evelyn Cantin : la première, pour m’avoir donné la chance, comme patronne vétérinaire, de moduler mon horaire afin de pouvoir réaliser ma deuxième carrière littéraire ; la seconde, pour son appui lors des moments difficiles ;

Mes grands-parents, Jeannine et Bernard Paradis ; merci pour m’avoir donné la chance de fréquenter les meilleures institutions secondaires et collégiales de la région montréalaise ;

Ma mère, Louise Paradis, pour son courage, et pour ne pas avoir envisagé, malgré les circonstances défavorables, la possibilité de l’avortement ;

Mon père, inconnu ;

Mon amour, Catherine Dubeau, pour m’avoir enseigné qu’il est possible, voire essentiel, de forcer son destin ;

Sans vous tous, cette thèse n’existerait pas.

Nous remercions le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), le Fonds québécois de la recherche sur la société et culture (FQRSC) — jadis Fonds pour la formation de chercheurs et l’aide à la recherche (FCAR) —, la Fondation de l’Université Laval, le Canadien National (CN) et la Faculté des Lettres de l’Université Laval qui ont subventionné notre projet de thèse par l’octroi de bourses doctorales.

HN : Histoire naturelle, générale et particulière, avec la description du Cabinet du Roy

HNO : Histoire naturelle des oiseaux

HNM : Histoire naturelle des minéraux

SHN : Supplément à l’Histoire naturelle

© Swann Paradis, 2008