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Chapitre 2 Cadre conceptuel de l’étude

Table des matières

Pour cette recherche, les hypothèses suivantes ont été formulées :

La revue de littérature a révélé un très faible nombre d’études réalisées sur l’influence de la géométrie (morphologie, dimensions, distribution) des particules sur les propriétés physiques et mécaniques des panneaux de particules en général et ceux d’écorce en particulier et ce, malgré le rôle crucial reconnu à ce facteur. Le présent travail de recherche vient palier à cette carence. Axé sur la recherche des stratégies pour améliorer les propriétés des panneaux d’écorce, il a été retenu comme principales pistes d’investigation : la proportion d’écorce dans les panneaux, l’optimisation de la granulométrie des particules, l’influence des extractibles de l’écorce de même que les impacts d’un traitement à l’eau chaude des écorces sur les propriétés physiques et mécaniques des panneaux d’écorce.

Une autre originalité de ce travail consiste en l’ajout de façon égale et homogène de particules d’écorce à la fois dans les couches couvrantes et la couche médiane, ce qui est facilement applicable dans un contexte industriel. En effet, les travaux précédents font état très souvent de couches entièrement d’écorce et très peu de couches d’écorce-bois ensemble. Or dans les industries, les coûts de séparation des fractions bois et écorce sont considérables. Un mélange homogène de ces deux fractions tel qu’appliqué dans cette recherche peut à l’avenir favoriser l’utilisation de résidus issus de la transformation primaire de billes nettoyés mais non écorcées.

Enfin, la quasi totalité des travaux consultés limite leurs investigations au niveau de la mise en évidence des potentiels liens chimiques qui ont lieu entre les extractibles et les adhésifs. Ce travail va au-delà et discute de l’influence de ces interactions sur les propriétés physiques et mécaniques des panneaux.

Des résidus frais d’écorce ont été recueillis dans deux industries forestières de la province de Québec (Canada) : la scierie Arbec à l’Ascension pour l’écorce d’épinette noire et l’usine de panneaux à lamelles orientées Louisiana Pacific Canada, division Québec Chambord pour l’écorce du peuplier faux-tremble. Les écorces d’épinette noire (Figure 12) étaient générées par une écorceuse à tambour et celles du peuplier faux-tremble (Figure 13) par des écorceuses à anneaux rotatifs. Les billes d’épinette noire écorcées étaient de moins bonne géométrie (courbures fréquentes) comparativement à celles de peuplier faux-tremble. Au total, dix barils d’écorce ont été collectés et rapportés au centre de recherche sur le bois de l’Université Laval.

Les écorces destinées à l’extraction ont été conservées au congélateur afin d’éviter tout desséchement supplémentaire. Cette précaution visait à maintenir les mêmes conditions d’échantillonnage pour toutes les quantités extraites.

Les caractéristiques de l’écorce susceptibles d’influencer ultérieurement les propriétés des panneaux ont été déterminées. Il s’agit de : la proportion de bois contenu dans les chargements d’écorce, la teneur en humidité, la masse volumique et la composition chimique. Quant à la structure anatomique de l’écorce, cet aspect a fait l’objet d’une revue de littérature détaillée, présentée dans le chapitre 1.

Le liant phénol-formaldéhyde a été retenu en raison des résultats assez satisfaisants obtenus avec ce liant par Villeneuve (2004).

La teneur en liant de la couche médiane a été calculée de manière à maintenir la teneur en liant surfacique (LS) constante pour tous les types de panneaux fabriqués. On s’est inspiré de la méthode établie par Dunky (1988). La surface spécifique (SS) représente la surface en mètres carrés par masse anhydre de particules en kilogramme. En assumant que les particules sont de section carrée ou rectangulaire, la courbe de distribution de la granulométrie des particules a été utilisée pour calculer l’épaisseur moyenne de chaque type de particules. On s’est servi de la formule 9 :

[9]

Où xi représente la médiane de la classe de granulométrie i et fi la proportion massique (exprimée en pourcentage) correspondant à cette classe i.

En négligeant les surfaces des bords et des bouts des particules de même que leur contribution à l’adhésion, la surface spécifique SS a été déterminée en appliquant la formule10 :

[10]

D’après les travaux antérieurs, une teneur en liant de 3% a été retenue pour les particules grossières (5,0-7,0 mm). La teneur en liant surfacique (LS) correspondante a été calculée et utilisée comme référence pour déterminer la teneur en liant des autres classes de granulométrie de la couche médiane. Pour les couches couvrantes, une teneur en liant de 12% a été utilisée conformément aux résultats obtenus par Villeneuve (2004). Pour les panneaux d’écorce-bois, les valeurs moyennes des teneurs en liant calculées pour les particules d’écorce et de bois ont été utilisées.

Un temps de polymérisation du liant de 200 secondes a été retenu conformément aux recommandations de Blanchet (1999) et Villeneuve (2004) et aux essais préliminaires effectués.

Les cires à base de paraffine sont utilisées dans les usines pour améliorer la stabilité dimensionnelle des panneaux. Cependant, la propriété hydrophobe de ces produits étant de courte durée, ils permettent seulement de retarder l’adsorption d’eau pendant un certain temps (Press 1990). Dans les présents travaux de recherche, 1% et 0,5% de cire sont ajoutés respectivement aux particules des couches couvrantes et médianes lors de l’encollage.

Les panneaux fabriqués ont été préalablement conditionnés pendant au moins une semaine dans une salle à climat constant ayant une température de 20 ± 3°C et une humidité relative de 65 ± 1%. Ils ont ensuite été poncés pour d’une part ramener leur épaisseur à 8 mm et d’autre part éliminer la couche superficielle de faible masse volumique que l’on rencontre à la surface des panneaux après le pressage. La Figure 21 indique le plan utilisé pour le découpage des éprouvettes. Les échantillons ont été prélevés chaque fois à 20 mm du bord du panneau afin d’exclure autant que possible cette zone de faible masse volumique et diminuer les effets de bords.

1 : quatre éprouvettes de dimensions 242 x 75 mm pour les essais de flexion; 2 : six éprouvettes de dimensions 50 x 50 mm pour la cohésion interne et le profil de masse volumique; 3 : deux éprouvettes de dimensions 150 x 75 mm pour la dureté Janka; 4 : deux éprouvettes de dimensions 150 x 150 mm pour le gonflement en épaisseur; 5 : deux éprouvettes de dimensions 150 x 75 mm pour la dilatation linéaire; 6 : trace laissée lors du pressage par la sonde de température.

Pour l’ensemble des essais physiques et mécaniques effectués, la teneur en humidité moyenne des échantillons mesurée à la sortie de la chambre de climatisation était de 6,5%.

Le logiciel Statistical Analysis System (SAS) version 9.1 a été utilisé pour le traitement des données. On a considéré dans tous les cas un plan d’expérience entièrement aléatoire avec trois facteurs à l’étude et trois répétitions.

Pour les articles 1 et 2 présentés aux chapitres 3 et 4, les 3 facteurs à l’étude ont été : l’espèce (épinette noire ou peuplier faux-tremble), la proportion d’écorce dans les panneaux (50 ou 100) et la granulométrie des particules d’écorce en couche médiane (fine : 1,5-2,6 mm ; moyenne : 2,6-5,0 mm ou grossière : 5,0-7,0 mm). Des panneaux témoins (100% de particules de bois) fabriqués dans les mêmes conditions expérimentales que les panneaux d’écorce servaient de référence. On a réalisé une analyse de variance (ANOVA) à treize niveaux soit un niveau pour chaque combinaison de facteurs, plus le témoin. Les contrastes ont permis de tester les effets des facteurs ainsi que leurs interactions. Les comparaisons multiples obtenues avec la méthode de Scott et Knott (1974) qui compare les moyennes des groupes disjoints ont permis d’identifier le ou les meilleurs traitements.

Pour l’article 3 présenté au chapitre 5, les facteurs choisis pour l’analyse statistique ont été : l’état de l’écorce (non traité ou traité), le pourcentage d’écorce dans les panneaux (50 ou 100) et la granulométrie des particules d’écorce en couche médiane (fine : 1,5-2,6 mm ; moyenne : 2,6-5,0 mm ou grossière : 5,0-7,0 mm). Une analyse distincte par espèce a été faite pour chaque variable dépendante. Au cours l’analyse de variance (ANOVA), on s’est intéressé principalement à l’effet du facteur état de l’écorce à travers l’analyse des effets dits tranchés ou effets simples à l’aide de l’option « SLICE » de la procédure « LSMEANS » de SAS. Ainsi, lorsqu’une interaction entre le facteur état de l’écorce et l’un ou les deux autres facteurs était significative, l’option « SLICE » permettait de fixer les valeurs de ces facteurs dans le modèle afin de générer les effets simples du facteur état de l’écorce sur les combinaisons de leurs niveaux (Winer 1971). Cela permettait de tester s’il y a une différence entre les états traité et non traité de l’écorce pour ces combinaisons de niveaux des autres facteurs de l’interaction. Pour toute interaction significative, un graphique des moyennes est présenté.

On a dû appliquer dans certains cas, une transformation à la variable dépendante pour s’assurer du respect des postulats de normalité et d’homogénéité des résidus. Les différentes transformations appliquées sont présentées aux Tableaux 19 et 20.

© Martin Claude Ngueho Yemele, 2008