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L’étude stratigraphique et l’analyse structurale de la zone parautochtone des Appalaches taconiennes dans la région de Québec a permis de préciser l’histoire tectonique de la région étudiée et d’en arriver aux conclusions suivantes:
La révision de la nomenclature de la stratigraphie du parautochtone a d’abord permis de résoudre divers malentendus sur l’emploi de certaines formations. Nous suggérons l’emploi de Formation de Les Fonds strictement pour le domaine parautochtone et le Lotbinière, pour l’autochtone. La Formation d’Aubin a été abandonnée, tout comme le mélange de la Pointe Aubin, qui n’est pas réellement un mélange sédimentaire, mais bien une zone tectonisée avec des séquences d’olistostromes. L’étude de la lithostratigraphie du parautochtone et de sa nomenclature a permis de diviser en trois unités lithostratigraphiques diachroniques l e bassin d’avant-pays taconien du Québec: (1) une unité basale dominée par des calcaires argileux; (2) une unité médiane dominée par des mudstones; et (3) une unité sommitale dominée par des turbidites.
Au sein de l'unité sommitale se sont développées des unités chaotiques qui se distinguent sur la base des processus à l’origine de leur formation. (1) Olistostromes: corps sédimentaires mis en place par des coulées de débris ou des avalanches, composés de blocs de tailles variables, presque exclusivement dérivés du bassin d’avant-pays même. (2) Tectonosomes: unités du bassin d’avant-pays très fortement déformées et tectonisées localisées dans des zones de failles ou le long de flancs de plis qui sont le résultat de boudinage, d’imbrication et de chevauchement. La description détaillée des unités chaotiques retrouvées à l’intérieur de la zone parautochtone des Appalaches québécoises et l’utilisation de la classification de Pini (1999) ont permis de distinguer les olistostromes des tectonosomes (Figures 4.1, 4.2 et tableau 4.1) et surtout de mieux comprendre l’histoire tectonosédimentaire du domaine parautochtone, tels l’origine des blocs, la succession des événements tectoniques et la migration du prisme tectonique sur la marge continental.
Contrairement à ce qui avait été précédemment suggéré, nous n’avons trouvé aucune évidence lithologique, stratigraphique ni structurale indiquant que les olistolithes seraient dérivés en fait des strates cambriennes de la Nappe de la Chaudière, actuellement au contact sud-est immédiat de la zone parautochtone.
Les relations chronologiques suggèrent 2 phases distinctes de déformation: une première phase reliée à l’imbrication de la séquence du bassin d’avant-pays et à l’emplacement des allochtones les plus externes suivie par une étape plus tardive avec le chevauchement hors-séquence de la Nappe de la Chaudière au-dessus de la zone parautochtone précédemment imbriquée et transportée par les allochtones externes.
© Félix-Antoine Comeau, 2006