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5. Conclusion

La gestion des résidus de panneaux est une problématique de plus en plus importante pour l’industrie de la seconde transformation du panneau. La possibilité, de plus en plus concrète au Québec, que ces résidus de panneaux soient considérés légalement comme étant des déchets dangereux invite à chercher de nouvelles pistes pour en disposer. Cette recherche de nouvelles voies de disposition entraînera un gain pour l’environnement par la diminution des volumes de déchets solides envoyés directement à l’enfouissement. Le présent projet de maîtrise s’inscrit dans cette optique, car il visait à poser les bases d’une gestion éventuelle des résidus de panneaux générés par l’industrie québécoise de la seconde transformation du panneau. L’objectif était de caractériser ces résidus étant donné le peu de connaissance au sujet des quantités générées, du mode de gestion et de disposition mis en application ainsi que de la contamination dont ils font l’objet.

Ainsi, ce mémoire a dressé le portrait des résidus de panneaux générés spécifiquement par l’industrie de la seconde transformation du panneau. Une approche misant sur la participation des industriels a été mise en application par voie de questionnaires. L’utilisation d’une enquête postale en cinq points de contacts a permis d’obtenir un taux de réponse de 32%, ce qui est très satisfaisant compte tenu du fait qu’il s’agit d’une enquête réalisée auprès d’industriels.

Les renseignements recueillis auprès des industriels touchent principalement la quantification et la qualification des résidus. Les résultats obtenus ont permis dans un premier temps d’effectuer une quantification des volumes de résidus de panneaux générés grâce à deux régressions. Malgré la faible quantité de données ayant servi à créer ces régressions, elles demeurent de bons modèles étant donné l’obtention de coefficients de détermination élevés. Les résultats ont par la suite été extrapolés à l’échelle du Québec grâce à une régression présentant la quantité de résidus en fonction du nombre d’employés. Cette extrapolation, quoique basée sur certaines hypothèses, présente un bon estimé des quantités de résidus de panneaux générés par les usines composant le cadre d’échantillonnage. Un facteur de conversion de 3 m3/tonne a été calculé à partir des équations de régressions obtenues. De plus, une distribution géographique des volumes extrapolés a permis d’observer que les volumes de résidus de panneaux se concentrent dans le sud de la province. Cette distribution pose les bases informationnelles permettant l’élaboration d’un système de collecte de ces résidus.

La qualification a permis de dresser le portrait général des résidus de panneaux générés. Des tests statistiques ont permis de détecter s’il existe des différences significatives entre les tailles d’usine ou secteurs industriels quant à la nature, la gestion, la disposition et la contamination des résidus de panneaux. Les résultats obtenus ont permis d’observer que le pourcentage de chaque type de résidus produits est semblable d’une usine à l’autre peu importe la taille et le secteur industriel. En ce qui concerne les modes de disposition actuellement mis en pratique, l’enfouissement demeure le plus répandu pour tous les résidus de panneaux. Les entreprises de petite taille ont plus tendance à faire appel à cette pratique et semblent payer un prix plus élevé pour se départir de leurs résidus. De plus, les usines de grande taille ont plus tendance à utiliser leurs résidus de panneaux pour produire de l’énergie. Il en va de même pour les usines de très petite taille lorsqu’il s’agit de résidus plus grossiers tels que des retailles, car ils brûlent leurs résidus dans des poêles à bois. Finalement, 30% des industriels ont affirmé que la gestion de leurs résidus de panneaux est problématique et la même proportion d’industriels a déjà tenté de trouver de meilleurs débouchés. Au cours de la qualification, certaines différences existantes n’ont peut-être pas été détectées en raison d’un manque d’unités composant l’échantillon. Néanmoins, ceci ne remet pas en cause la validité des différences détectées.

En conclusion, les travaux réalisés ont permis de tracer le portrait de la qualité, de la quantité et de la dispersion géographique des résidus de panneaux produits. Ces résultats pourront être utilisés pour identifier le ou les types de valorisation les plus appropriés. Les résidus de panneaux pourraient être récupérés par l’industrie du panneau si celle-ci relève les défis soulevés par l’ajout de résidus dans son procédé de fabrication. Par exemple, la présence de contaminants de type revêtement (PVC, mélamine, etc) et physique (métaux, plastiques, etc) au sein des résidus présente un défi de taille auquel les industriels doivent faire face. Du point de vue énergétique, la combustion de résidus avec formaldéhyde pourrait être possible chez tout industriel possédant une chaudière d’une puissance de combustion suffisante. La valorisation des résidus de panneaux par compostage sur le site de production est une solution qui pourrait être envisageable pour les industriels de petite taille. De plus, la production de litière animale et la fabrication de petites pièces d’emballages sont des pratiques actuellement mises de l’avant par certains industriels et qui pourraient permettre de valoriser les résidus de panneaux générés par l’industrie de la seconde transformation du panneau.

Ce projet est donc la première étape d’un processus de récupération des résidus de panneaux qui se poursuivra par un choix parmi les options de récupération, d’utilisation ou de disposition de ces résidus pour éventuellement concevoir un système de collecte de ceux-ci. Les résultats de cette étude pourront, nous l’espérons, contribuer à supporter les industries et les gouvernements dans leurs efforts d’amélioration de la gestion des résidus de panneaux.

© Véronique Gilbert, 2005