Entête

7. CONCLUSION

L’intérêt que porte notre groupe de recherche aux inégalités sociales de santé à l’échelle locale a conduit naturellement à vouloir repérer le plus précisément possible la présence de milieux locaux. Le contexte de cette recherche a permis de mettre en lumière plusieurs éléments méthodologiques importants quant à la reconnaissance d’un milieu de vie sur le territoire. En effet, l’approche proposée dans le présent travail permet l’intégration d’éléments aussi différents que les structures physiques servant de barrières naturelles, les limites historiquement et institutionnellement redondantes, la défavorisation matérielle et sociale, le sentiment d’appartenance, les liens sociaux et même certaines particularités propres à chacune des unités de voisinage. Par cette approche, nous avons donc non seulement répondu à un objectif spécifique de recherche, mais aussi à la nécessité de rendre opérationnel un concept vague et ambigu, dont l’intérêt est fréquemment démontré dans la littérature récente ( Caughy et al., 2001; Coulton et al., 2001; Diez Roux, 2001; Granis, 1998; MacQueen et al., 2001; Kearns et Parkinson 2001; Sampson et al., 2002; Pickett et Pearl, 2001). De ce fait, le résultat de l’intégration des différentes perspectives offre des unités de voisinage qui décrivent une dimension qui va au-delà des caractéristiques socio-économiques.

Les unités de voisinage ainsi définies nous semblent appropriées à l’étude du rôle du milieu local dans les inégalités de santé, et ce particulièrement dans les milieux les plus urbanisés. Une telle étude sera effectivement réalisée prochainement (2004-2005) sur les trois territoires pour lesquels nous avons circonscrit des unités de voisinage. Celles-ci serviront de balises à l’analyse des données qui ont été recueillies et géo-référencées par le groupe de recherche.

Enfin, certains travaux pourraient être réalisés afin de parfaire la définition d’unités de voisinage et ce, principalement en milieu rural. Bien que nous ayons réussi à rendre opérationnel ce concept, nos résultats offrent une image statique et encadrante de la réalité alors que nous savons que celle-ci peut aussi bien devenir dynamique et continue dépendamment du point de vue que l’on adopte. Réaliser une autre étude pourrait être envisagé; étude qui tiendrait compte encore plus de ce dynamisme spatial, de l’écoumène, de l’inter-influence que peuvent avoir les caractéristiques d’une unité, ou encore du degré d’influence du voisinage sur un individu en fonction de sa localisation précise, de ses activités propres et de la connectivité du secteur.

Cette recherche sur la définition d’unités de voisinage permet de diversifier les découpages territoriaux disponibles pour rehausser la prose en compte du milieu local afin d’améliorer notre compréhension de son rôle concernant la santé de la population résidante.

© Alexandre Lebel, 2005