Table des matières
Bien que le chapitre précédent ait décelé les éléments permettant de répondre aux questions qui ont inspiré cette étude, les réponses à ces dernières sont livrées dans cette conclusion générale. Elle comprend aussi une syntèse des données issues de l’analyse effectuée dans ce chapitre.
Cette conclusion comprend tout d’abord un tableau comparatif des tendances observées chez les traducteurs francophones et hispanophones par rapport au processus de prise de décisions et par rapport aux problèmes de traduction. Cette section contient aussi les réponses aux trois questions qui motivent la recherche, soit : 1) Quel type de traduction - ou d’équivalence - les traducteurs hispanophones et francophones obtiennent-ils dans leurs traductions des textes de l’ALENA? Autrement dit, leurs traductions sont-elles formelles ou fonctionnelles, c’est-à-dire orientées vers la langue et la culture de départ ou vers la culture réceptrice? 2) Quel type de stratégies et de procédés de traduction privilégient-ils? et 3) Quels facteurs interviennent dans le choix de ces stratégies et de ces procédés?
Elle contient enfin des remarques sur l’avenir de la traduction dans le domaine du droit commercial international et du libre-échange ainsi que sur l’importance de la formation des traducteurs et du développement d’outils d’aide à la traduction.
Les principales tendances observées chez les traducteurs de notre corpus par rapport aux solutions données aux problèmes de traduction peuvent être résumées de la façon suivante:
Tableau No 4 RÉSUMÉ DES TENDANCES DES TRADUCTEURS
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Les traducteurs francophones |
Les traducteurs hispanophones |
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utilisent des procédés de traduction oblique; |
utilisent des procédés de traduction directe; |
| évitent la traduction littérale dite mot à mot; |
traduisent littéralement; |
| emploient abondamment les divers types de modulation; |
emploient la modulation de façon restreinte; |
| utilisent la transposition facultative; |
utilisent la transposition obligatoire; |
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conservent une structure similaire à celle du texte de départ sans pour autant assujettir la traduction; |
calquent la structure de départ; |
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apportent des précisions, notamment le sens des acronymes; |
apportent quelques précisions, notamment le nom des institutions, mais sans figer l’usage; |
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ont recours au principe d’économie par l’évidence; |
traduisent tout, même les redondances; |
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utilisent des termes savants; |
calquent la langue de départ; |
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ne se laissent pas influencer par l’apparence des mots; |
se laissent influencer parfois par l’apparence des mots; |
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rendent les termes latins par leurs équivalents français; |
conservent les termes latins; |
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et produisent des textes qui se placent sur le plan des idées. |
et produisent des textes qui se placent sur le plan des mots. |
Le tableau ci-dessous montre que les traducteurs francophones et hispanophones suivent en général des approches diamétralement opposées. Ils produisent donc des textes qui se situent sur des plans tout aussi opposés.
Les questions qui ont inspiré cette recherche et qui ont conditionné la structure et les éléments méthodologiques de celle-ci se trouvent à la page 13. Elles sont reprises ici pour y répondre.
Question no 1 : Quel type de traduction - ou d’équivalence - les traducteurs hispanophones et francophones obtiennent-ils dans leurs traductions des documents de l’ALENA? Autrement dit, leurs traductions sont-elles formelles ou fonctionnelles, c’est-à-dire orientées vers la langue et la culture de départ ou vers la culture réceptrice?
Il ne fait pas de doute, les traductions produites par les traducteurs francophones et hispanophones se trouvent à des pôles opposés. Les traducteurs francophones produisent des textes orientés vers la langue d’arrivée et les traducteurs hispanophones produisent des traductions orientées vers la langue de départ. Ils obtiennent respectivement des équivalences fonctionnelles et formelles.
Question no 2 : Quel type de stratégies et de procédés de traduction privilégient-ils?
Les traducteurs francophones suivent la démarche fonctionnaliste de la traduction et privilégient les procédés de traduction oblique, alors que les traducteurs hispanophones suivent une démarche formelle et privilégient les procédés de traduction directe. Les traducteurs francophones utilisent des stratégies de traduction telles que le principe d’économie par l’évidence, l’étouffement et la compensation. La modulation et la transposition facultative constituent les deux procédés de traduction qu’ils utilisent le plus. Les traducteurs hispanophones, en revanche, n’emploient ces stratégies que dans de rares occasions. La traduction littérale et le calque sont les procédés privilégiés. Le traducteur du texte Gray Portland Cement semble éviter la traduction littérale, mais colle à la structure du texte de départ.
Question no 3 : Quels facteurs interviennent dans le choix de ces stratégies et de ces procédés?
La réponse à cette question ne peut être formulée qu’à l’aide d’hypothèses s’appuyant sur des principes théoriques et pratiques issus de la réflexion faite au long de cette étude. L’analyse du corpus montre la pertinence des propos des théoriciens qui adhèrent aux modèles fonctionnalistes de la traduction et qui se placent dans la perspective ciblée, c’est-à-dire dans la perspective de la traduction orientée vers les récepteurs. Il convient donc de rappeler brièvement les principes que sous-tendent l’approche méthodologique de Toury.
Toury, rappelons-le, perçoit la traduction comme une activité socioculturellement normée[275]. Par conséquent, elle peut contenir des normes propres à la langue et à la culture de départ ou des normes propres à la langue et à la culture d’arrivée. Comme il a été signalé dans l’introduction générale, cela détermine que la traduction s’oriente vers la langue de départ ou vers la langue d’arrivée. Les versions françaises et espagnoles des décisions des groupes spéciaux binationaux de l’ALENA sont respectivement des traductions orientées vers la langue d’arrivée et vers la langue de départ.
Cette orientation, comme le signale Toury, n’est pas tout à fait une décision consciente de la part du traducteur. Pour nous, cette orientation est proportionnellement conditionnée par les ressources d’aide à la traduction disponibles. Par ressources, il faut entendre les outils conceptuels et matériels qui supportent l’opération traduisante et le traducteur. Cela comprend la réalisation de recherches en traduction juridique, en jurilinguistique, en droit comparé, en sociolinguistique et dans des domaines connexes qui contribuent, avec le temps, à l’établissement d’une doctrine de la traduction juridique dans la langue d’arrivée. Ces ressources comprennent également la création de programmes de formation en traduction juridique qui profitent des réflexions des théoriciens pour développer, chez le traducteur, les compétences factuelles et techniques lui permettant de s’acquitter convenablement de sa tâche. Bien entendu, ce postulat sous-entend que, pour traduire, il faut avoir une double compétence : la compétence factuelle et la compétence technique
En ce qui concerne les normes conceptuelles qui déterminent la traduction et l’acceptation de celle-ci, dans le contexte juridique mexicain, pour ne nommer que ce pays latino-américain, la perception qui prévaut par rapport à la façon de traduire est amalgamée à l’approche littérale. Cette approche, justifiée par le souci de fidélité au texte de départ, semble être intrinsèquement liée à la culture juridique de ce pays. L’approche littérale des versions espagnoles des décisions des groupes spéciaux de l’ALENA est perceptible dès le premier coup d’œil.
Par rapport à l’acceptation du produit, en l’occurrence les versions françaises et espagnoles des décisions des groupes spéciaux binationaux, il y aurait lieu de croire que les traductions ont été acceptées puisqu’elles se retrouvent sur le site web du secrétariat de l’Accord.
Enfin, quant aux normes pratiques qui impriment un caractère au dit produit, nous considérons que ce caractère résulte des ressources disponibles au traducteur et des normes conceptuelles qui déterminent la traduction et l’acceptation de celle-ci.
Ainsi, les traducteurs des versions espagnoles des décisions des groupes spéciaux de l’ALENA suivraient l’approche littérale car cette dernière est l’élément par lequel la fidélité au texte de départ est mesurée dans la culture juridique mexicaine. Par ailleurs, en adhérant aux propos de Vinay et Darbelnet, nous soutenons que seules une formation solide et une vaste expérience dans les aspects procéduraux de la traduction permettent au traducteur de penser à des solutions qui vont au-delà de la structure du texte de départ. Comme le signalent ces deux auteurs, « plus la structure s’impose à un individu et moins il pense à recourir de lui-même aux solutions obliques »[276]. Les traducteurs hispanophones des décisions des groupes spéciaux de l’ALENA ne semblent pas posséder cette compétence technique. Voilà qui s’ajoute, à notre avis, à leur tendance à traduire littéralement.
Au Canada, les traducteurs bénéficient d’un arsenal de ressources qui facilitent leur tâche. Par ailleurs, les normes relatives à la traduction en tant que produit et à l’acceptation de celui-ci ne sont plus reliées au principe de fidélité au texte de départ qui fait appel à la traduction littérale. Au Canada, les ressources allouées à la traduction ont permis à cette activité de se développer et d’atteindre de nouvelles dimensions. La traduction pragmatique, et notamment la traduction juridique dans ce pays, possède ses propres principes théoriques et pratiques, lesquels sont liés davantage à l’approche fonctionnaliste qu’à l’approche formelle.
Nous soutenons enfin que le recours aux procédés de traduction directe ou oblique est une question d’évolution ou de développement de la traduction. Au Canada, l’évolution de la traduction juridique a été favorisée par la volonté politique qui a reconnu l’anglais et le français comme langues officielles et qui, de ce fait, a alloué des ressources de toutes sortes à cette activité. Puis, pendant les années 1980, l’évolution de la traduction juridique s’est accrue lorsque des efforts ont été réalisés pour accroître la qualité de la langue des versions françaises. La traduction juridique vers l’espagnol se situe dans un contexte fort différent. L’absence de réflexion systématique sur les problèmes épistémologiques de la traduction juridique en espagnol justifie, à notre sens, le retard qu’accuse la traduction vers cette langue. Par retard, il faut entendre le fait de traduire encore mot à mot et de produire ainsi des textes qui ne véhiculent ni les finesses sémantiques de départ ni le sens que le traducteur leur a attribué.
Bref, les éléments qui interviennent dans le choix du traducteur par rapport aux stratégies et aux procédés de traduction sont donc définis par les ressources dont celui-ci dispose – y compris ses propres compétences factuelles et techniques - et par les normes conceptuelles qui déterminent, dans une société et à un moment précis, le produit de l’opération traduisante et l’acceptation de celui-ci.
L’ALENA aurait pu favoriser le développement de la traduction juridique en Amérique du Nord si la volonté politique, qui a mené à sa création, avait doté le secrétariat de l’accord de services de rédaction et de traduction des textes juridiques. Le secrétariat de l’Organisation mondiale du commerce dispose de ressources humaines pour rédiger et traduire ses textes. L’Union européenne, par exemple, alloue 40 % de son budget administratif aux services de traduction[277]. Mais l’ALENA, comme il a été indiqué à la section 3.6, ne prévoit pas de services de traduction. En fait, l’ALENA ne prévoit des services de traduction que pour les procédures orales ou écrites d’un comité spécial institué en vertu de l’article 1905, qui vise la protection du régime d’examen par des groupes spéciaux, et pour l’examen d’une détermination rendue au Canada. Les traductions vers l’anglais et l’espagnol, pour les procédures écrites, sont réalisées par les assistants des membres des groupes spéciaux. Ces assistants sont embauchés en fonction de leurs compétences en droit international et non en fonction de leurs compétences en traduction.
En traduction pragmatique, l’équivalence et son acceptabilité semblent en effet être une illusion, une notion qui n’existe que dans la mesure où elle permet d’atteindre un but précis pour des destinataires précis dans un contexte tout aussi précis. L’acceptabilité de l’équivalence en général et de l’équivalence fonctionnelle en particulier semble donc relever d’une volonté politique qui ne tient pas compte des contraintes linguistiques, culturelles et juridiques qui conditionnent la traduction juridique en tant que processus et en tant que produit. Les versions espagnoles des décisions des groupes spéciaux binationaux peuvent-elles être considérées comme l’équivalent de leurs originaux en dehors du contexte de ce processus d’arbitrage de l’ALENA?
Selon l’approche pragmatique de la théorie du skopos , par exemple, une traduction peut jouer un rôle différent dans la société réceptrice de celui que joue l’original dans la société d’origine. Bien que les versions espagnoles des décisions des groupes spéciaux binationaux semblent être acceptables dans le contexte de l’ALENA, ces versions jouent un rôle bien différent pour ceux qui les utilisent pour se renseigner sur ce qui est permis ou interdit au sein de cet accord commercial, ou sur la façon dont l’ALENA examine et règle les différends en matière de droits antidumping et compensateurs.
Les décisions des groupes spéciaux constituent des instruments juridiques utilisés par des juristes, des commerçants, des organismes gouvernementaux et des universités. Ces dernières, par exemple, utilisent ces décisions dans l’élaboration d’études de cas à l’intention des étudiants en droit et en affaires. L'Organisation des États américains (OEA) recense ces décisions sur le site web de son Système d'information du commerce extérieur, dans le but d’ « offrir de l'information et des documents complets et à jour sur le commerce dans l'hémisphère occidental »[278].
Ces instruments devraient être compréhensibles et véhiculer un contenu équivalent dans les trois langues de travail de l’accord. Comme le signale Michel Sparer, « l’effet des pratiques de traduction juridique [devrait se ressentir] jusque sur la fluidité des échanges économiques, en rendant disponibles des instruments juridiques compréhensibles par les intéressés, de part et d’autre de la barrière des langues»[279]. Mais la version espagnole des décisions des groupes spéciaux est-elle constituée d’instruments juridiques compréhensibles par les intéressés de part et d’autre de la barrière des langues?
Les juristes qui s’intéressent aux aspects linguistiques au sein des groupes spéciaux binationaux s’accordent pour signaler que la communication y est difficile et pour assigner au traducteur un rôle fondamental. Comme l’indique la section 3.5, le juriste David A. Gantz déplore le fait que la traduction doive être souvent assurée par les assistants des membres des groupes spéciaux. Par ailleurs, le juriste Gustavo Vega Cánovas, qui, à l’instar de Gantz, a siégé aux groupes spéciaux institués en vertu du chapitre 19 de l’ALENA, reconnaît, lui aussi, l’importance des services de traduction spécialisés même dans les cas où les membres d’un groupe spécial binational sont bilingues. Vega Cánovas semble être persuadé que le traducteur peut effectivement assister ces experts en droit commercial international, soit les membres des groupes spéciaux, dans des occasions où le débat s’articule autour du sens des termes juridiques fondamentaux. Mais, comment un traducteur qui suit une approche mot à mot peut-il assister aux débats qui se placent sur le plan conceptuel?
Un changement dans la perception de la traduction et dans la façon de traduire s’avère nécessaire. Fort heureusement, de nouvelles perceptions se profilent déjà à l’horizon. Javier F Becerra s’exprime ainsi par rapport à la traduction littérale :
[...] mi método es contrario a la práctica común (tanto en México como en Estados Unidos) de traducir literalmente cada palabra, independientemente de si el texto completo en el idioma de llegada tiene sentido o no, desde el punto de vista jurídico. [...] Estoy en contra de la traducción literal, porque considero que no logra el objetivo principal del traductor y de la traducción misma; el lograr la comunicación entre personas que no hablan el mismo idioma[280].
Par ailleurs, Jorge Adame, juriste mexicain qui a participé au processus d’arbitrage de l’ALENA, se joint au professeur Becerra dans sa vision contre l’approche littérale suivie en traduction juridique jusqu’ici. Dans un message électronique récent, il s’exprimait ainsi :
La traducción supone la compresión de un significado escrito en un idioma y la traslación de ese significado a otro idioma. La traducción literal es el primer paso, inexcusable; pero sería incompleta que la traducción fuera simplemente literal (de las letras) y no del significado. Por eso, me parece que una buena traducción ordinariamente rebasa la literalidad. En el ámbito jurídico, dado que entre México y Estados Unidos hay tradiciones jurídicas diferentes, con instituciones semejantes, por una parte, pero diferentes por otra, la traducción es más complicada y tiene que ser menos literal que, por ejemplo, la traducción de textos jurídicos frances o alemanes al español. No es solo la diferencia de idioma, sino sobre todo la diferencia de tradición jurídica. Un buen traductor de textos jurídicos mexicanos y estadounidenses debería conocer ambos sistemas jurídicos[281].
La perception d’Adame se trouve à l’opposé de la tendance manifeste des traducteurs juridiques mexicains à avoir recours à la traduction mot à mot lorsque la traduction porte sur deux systèmes juridiques différents. En plus de trouver la traduction mot à mot inacceptable, ce juriste signale l’importance que revêt, en traduction juridique, la connaissance des systèmes juridiques en présence.
Les personnes qui sont en rapport avec le processus de règlement des différends de l’ALENA et du processus de mondialisation des échanges, qu’elles soient des juristes, des linguistes ou des traducteurs, témoignent du rôle que joue la traduction dans ce contexte particulier et du rôle qu’elle aura à jouer à l’avenir. La création d’une Zone d’échange des Amériques imposera à la traduction juridique en espagnol des défis sans précédent, des défis que les traducteurs hispanophones ne semblent pas être actuellement en mesure de relever convenablement. À l’ère de la mondialisation, la volonté politique assigne à la traduction des rôles que celle-ci n’a jamais eus auparavant.
Il faudrait que cette volonté politique alloue des ressources qui permettraient à la traduction de se développer et au traducteur de s’acquitter de l’obligation d’utiliser au maximum les ressources presque illimitées de la langue, de l’obligation de réexprimer le contenu juridique du texte de départ et de l’obligation de rendre un produit hautement fiable. Voilà les trois obligations du traducteur professionnel, selon Gémar.
La réflexion posée au long de cette étude jette une lumière sur les aspects linguistiques et techniques de l’équivalence en traduction juridique. Le chercheur intéressé par les aspects juridiques de l’équivalence peut y voir l’occasion d’effectuer une comparaison du degré d’équivalence sur le plan juridique des versions françaises et espagnoles des décisions des groupes spéciaux binationaux de l’ALENA. Une telle recherche pourrait avoir comme but de déterminer si les visées des partenaires de l’accord « de réduire les distorsions du commerce, d’établir une réglementation claire et mutuellement avantageuse de leurs échanges commerciaux et d’assurer un environnement commercial prévisible propice à la planification d’entreprise et à l’investissement »[282] se reflètent dans les versions traduites de leurs instruments juridiques.
Le juriste comparatiste, ou le sociolinguiste, pourrait, à partir de la présente réflexion, effectuer une analyse des traits de culture juridique présents dans les décisions rendues par les groupes spéciaux binationaux. La rédaction des décisions des groupes spéciaux étant un effort collectif, quels sont les traits de culture juridique qui marquent ces décisions?
Enfin, le terminologue pourrait recenser les termes de droit et des domaines connexes à l’activité commerciale, afin de les ajouter à des banques de données, telles que Termium , au profit des juristes, des rédacteurs, des traducteurs et de toute personne intéressée par la terminologie plurilingue.
[275] Terme proposé par Yves Gambier dans son compte rendu de l’ouvrage de Gideon Toury Descriptive Translation Studies and Beyond, Meta , vol. 42, no 3, 1997, p. 581.
[276] J.P. Vinay et J. Darbelnet, Stylistique compararée du français et de l’anglais , 1958, p. 233.
[277] BBC News, « EU Translation Plan Provokes Protest », Article publié le 14 août 2001, (consulté le 30 janvier 2003), Sur Internet : <http://news.bbc.co.uk/1/hi/uk_politics/1490243.stm >.
[278] L'Organisation des États américains (consulté le 6 décembre 2002), Sur Internet :
< http://www.sice.oas.org/Welcomef.asp>.
[279] Michel Sparer, « Peut-on faire de la traduction juridique et peut-on l’enseigner? Comment doit-on l’enseigner? », Meta , vol 24, no 2, 2002, p. 271.
[280] Message électronique reçu le 24 juillet 2002.
[281] Message électronique reçu le 24 octobre 2002.
[282] Canada, Ministère des Approvisionnements et services, Accord de libre-échange nord-américain , Texte du 17 décembre 1992, Préambule.